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Le logement d’abord (article paru dans Ensemble - décembre 2011)

Ses grands principes

- Le logement est un pré-requis. Il doit être autonome, permanent et de droit commun.

- L’hébergement et le logement de transition ne doivent plus constituer un passage obligé.

- Il s’agit de permettre l’accueil des plus fragiles en structure d’hébergement, dans des conditions de sécurité, de décence et de respect de la personne.

- Le dispositif s’inspire d’expériences menées notamment dans les pays anglo-saxons dans le cadre du « housing first ».

 

Le logement d’abord, oui, mais …

…c’est d’abord du logement. Or, sur l’Ile-de-France, on assiste à une aggravation de la crise du logement :

- 406 000 demandeurs en 2010 (pour 80 000 attributions),

- 12 444 ménages reconnus PU (prioritaires et urgents) en 2010 (hors hébergement),

- durée moyenne d’attente en Ile-de-France : 5,4 ans (source IAURIF),

La production de logements locatifs sociaux, malgré les efforts produits ces dernières années, demeure insuffisante au regard des besoins.  Aussi, les bailleurs ne pourront accompagner la politique du « logement d’abord » sans être soutenus et légitimés, pour leur permettre de s’investir dans le montage d’opérations, jugé parfois complexe en Ile-de-France.

 

Le logement d’abord, oui, mais …

- des conditions pour accéder au logement social demeurent : régularité du séjour, solvabilisation, etc. ;

- pour certains publics, une période transitoire en logement « accompagné » est nécessaire ;

- l’accès au logement social ne pourra pas se substituer à l’accueil d’urgence.

Si le traitement de l’urgence par l’hébergement doit rester limité dans le temps, il convient d’affirmer que pour certains ménages, une période de transition d’une durée plus ou moins longue doit être envisagée entre la rue, sa sortie de l’habitat indigne ou inadapté, ou sa sortie de la structure d’hébergement et son accueil dans le logement familial ordinaire. Ainsi, la politique du logement d’abord ne peut être substitutive de la création de ces lieux d’accueil intermédiaires. A ce titre, les bailleurs sociaux franciliens ont formulé à l’occasion des assises régionales du logement d’abord, le 13 octobre dernier, des propositions en vue de développer des maisons relais.

L’ampleur des difficultés sociales auxquelles certains ménages sont confrontés, nécessitera par ailleurs la mobilisation de moyens spécifiques et adaptés d’accompagnement vers et dans le logement. Les bailleurs seront attentifs aux travaux conduisant à la définition de ces nouvelles modalités d’accompagnement social, qui devront prévoir l’association de multiples compétences (y compris sanitaires), permettant un accompagnement global, et pas uniquement lié au logement, pour les publics les plus fragiles.

 

Dans le respect d’un certain nombre d’équilibres …

Les bailleurs sociaux seront également soucieux de préserver un certain nombre d’équilibres sociologiques, tant au niveau des quartiers que des communes. Ils considèrent notamment qu’une application plus stricte de la loi SRU serait le moyen de favoriser la mixité sur l’ensemble du territoire régional. Les bailleurs franciliens seront ainsi très attentifs à ce que le concept du « logement d’abord » ne mette pas en péril les efforts réalisés et les succès qu’ils ont obtenus au cours de ces dernières années en matière de lutte contre les exclusions et de mixité sociale, notamment grâce au programme de rénovation urbaine.

Enfin, la mise en cohérence à l’échelon régional des dispositifs, l’harmonisation des définitions des divers publics prioritaires, la hiérarchisation des priorités, constituent une condition indispensable à la réussite de ce programme ambitieux.

 

> Lien vers notre revue Ensemble n°37 - décembre 2011.

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