Maîtriser les charges : une exigence sociale et environnementale

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En Ile-de-France, le logement constitue le premier poste de dépenses des ménages. Ils dédient en moyenne 25% de leurs ressources au paiement de leur loyer et des charges afférentes (factures d’énergie, entretien des parties communes, gardiennage…). Maîtriser ces charges est aujourd’hui une réponse aux exigences sociales et environnementales dans le parc social.

Depuis une trentaine d’années, la hausse du poids de la dépense logement s’explique à la fois par l’augmentation des loyers, mais aussi par la multiplication par 1,6 des charges. Bien que la progression des charges ait été sensiblement moins élevée que celle des loyers, le montant des charges mensuelles reste très important et peut être un obstacle à l’accès et au maintien dans le parc social des plus modestes.

D’une part, le montant des charges est fonction des prestations offertes par l’immeuble. C’est-à-dire que si le chauffage et l’eau chaude sont collectifs, deux locataires occupant deux logements similaires dans un même bâtiment devraient payer approximativement le même montant des charges, et ce même s’ils occupent des logements aux niveaux de loyer très disparates.

D’autre part, si le chauffage et l’eau chaude ne sont pas compris dans les charges collectives, c’est-à-dire que le locataire a souscrit à un abonnement directement auprès du fournisseur d’énergie, un ménage modeste a une probabilité plus importante de se retrouver dans une situation de précarité énergétique.

Connaître les charges pour les maîtriser et réaliser des logements performants

Pour observer et maîtriser les charges, l’Union sociale pour l’habitat a lancé depuis 1982 un observatoire des charges, qui a évolué au gré des évolutions législatives et de l’émergence des enjeux environnementaux et sociaux. L’appropriation de cet outil par les organismes et la mise en place d’observatoires internes au sein des bailleurs franciliens permettent une meilleure connaissance des charges, rendant possibles leur maîtrise et la réalisation de simulations sur les travaux à réaliser pour réduire leur montant et la facture énergétique.

Réalisation de travaux par les organismes et mobilisation de la filière

Anticipant les nouvelles réglementations thermiques, les bailleurs sociaux franciliens se sont illustrés par leur capacité à innover en produisant des opérations neuves et/ou de réhabilitation de haute performance énergétique.

De plus, la mobilisation de la filière (les industriels, la maîtrise d’œuvre, les entreprises…) est elle aussi indispensable. Cependant, elle ne bénéficie pas encore du recul nécessaire pour parfaire ses connaissances, acquérir la qualification, former les équipes pour mettre au point les systèmes techniques et ainsi peser au mieux les coûts d’investissement, tout en atteignant les performances attendues.

La maîtrise et la connaissance des charges (par les organismes, les acteurs de l’habitat et du logement, les locataires) sont donc indispensables pour permettre aux plus modestes de se loger et pour construire des logements performants.

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